Banque en ligne et néo-banque : quelles sont les différences ?

L’arrivée des banques en ligne dans les années 2000 avait provoqué une véritable onde de choc en France. Bouleversant le modèle traditionnel des banques, elles ont donné un nouveau souffle à un secteur qui, petit à petit, commençait à suffoquer. Grâce à une offre complète et innovante, les banques en ligne sont parvenues à conquérir le compte de nombreux Français.

Mais alors qu’elles connaissaient un essor grandissant, un nouvel acteur a fait irruption dans le paysage bancaire : les néo-banques, des banques 100% mobile. Avec déjà plus de 2,6 millions de comptes actifs, ces banques 2.0 redistribuent les cartes du jeu. Dès lors, qu’est-ce qui sépare ces deux modèles ? LeComparatif.com s’est intéressé pour vous aux différences entre banques en ligne et néo-banques.

 

Deux modèles de banques digitales qui ne reposent pas sur le même ADN

Aussi surprenant que cela puisse paraître, la différence capitale entre banques en ligne et néo-banques concerne le statut.

Effectivement, comme les banques en ligne sont issues des banques traditionnelles, elles héritent de tout le savoir-faire ainsi que de l’architecture technique de leur banque mère. Les banques en ligne sont donc en mesure de proposer des garanties similaires aux banques traditionnelles. C’est pourquoi, même si elles ne possèdent pas d’agence physique, les banques en ligne ont le statut de banque.

Du côté des néo-banques, bien que leur appellation puisse porter à confusion, ce ne sont pas des banques à proprement parler, mais plutôt des établissements de paiement. En effet, comme les néo-banques n’émanent pas des banques dîtes traditionnelles, elles ne disposent généralement pas d’une licence bancaire. En fait, les néo-banques sont des start-up parties de rien et qui sont parvenues à se construire seules de A à Z. Elles s’appuient sur les nouvelles technologies pour proposer aux utilisateurs des moyens simples, rapides et innovants de gérer leurs finances. D’ailleurs, en réinventant - d’une certaine manière - la finance à l’aide des technologies, les néo-banques se sont vu octroyer un nouveau nom : celui de FinTech.

 

L’une propose une offre multiple, l’autre unique…

Si l’agilité et l’innovation des néo-banques sont sans fin, leur infrastructure quant à elle connaît de nombreuses limites. Ainsi, la seconde différence entre banques en ligne et néo-banques concerne la diversité de leur gamme de services.

Effectivement, les banques en ligne étant adossées à celles traditionnelles, elles sont à même de proposer un panel complet de services : du compte courant jusqu’au produit d’épargne en passant par les assurances et crédits. En revanche, du côté des néo-banques, il n’y a aucune pluralité de l’offre puisque celle-ci est généralement unique. Elle se limite au compte courant, et même là, les fonctionnalités sont limitées : pas d’autorisation de découvert, impossibilité de déposer un chèque ou bien de l’argent en liquide. Malgré tout, certaines néo-banques tentent de se démarquer, à l’instar d’Orange Bank qui est à mi-chemin entre les deux modèles. La jeune néo-banque propose ainsi à ses clients un compte d’épargne, mais aussi la possibilité de faire une demande de crédit.

En outre, les banques en ligne proposent le plus souvent des tarifs plus compétitifs que ceux des néo-banques. C’est notamment ce qu’a révélé KPMG dans les résultats du "Panorama des néo-banques en France" pour le 1er semestre 2019 : le coût annuel minimum estimé pour une banque en ligne est de 7€ tandis que celui d’une néo-banque de 16€. Cet écart peut être expliqué par la présence de frais de tenue de compte chez les néo-banques alors que les banques en ligne n’en facturent d’ordinaire pas. Les deux modèles restent toutefois très attractifs en comparaison avec une banque traditionnelle dont le coût estimé est de 71€/an.

 

Un leitmotiv commun, mais des leviers différents …

Que ce soient les banques en ligne ou les néo-banques, toutes deux ont émergé avec une ambition commune : personnaliser et faciliter l’expérience du client. Néanmoins, les outils utilisés ainsi que les moyens mis en œuvre pour atteindre ce souhait divergent.

 

  • Une interface privilégiée différente

En premier lieu, les deux modèles ne préconisent pas la même interface pour interagir avec l’utilisateur. En effet, même si les banques en ligne ont aujourd’hui toutes une application mobile qui vous permet de réaliser une grande partie de vos opérations bancaires, le moyen d’interaction privilégié demeure l’ordinateur.

A contrario, les néo-banques sont par définition 100% mobile, ce qui signifie que tout se passe via une app téléchargeable sur votre smartphone. Plus aboutie et innovante, l’application mobile d’une néo-banque ouvre le champ des possibilités en matière de fonctionnalités. Conçue par et pour les Millennials, elle répond parfaitement au modèle nomade des clients d’aujourd’hui.

 

  • Du délai classique à l’instantané

Un autre facteur s’inscrivant dans cette mouvance sépare aussi les deux modèles : les délais.

Alors que l’ouverture d’un compte bancaire chez une banque en ligne vous prendra un certain nombre de jours, chez une banque 100% mobile cela nécessitera seulement quelques minutes. Si les néo-banques réussissent à convertir les jours en minutes, c’est notamment parce qu’elles demandent moins de documents. En effet, comme elles n’autorisent pas les découverts bancaires, elles n’ont pas besoin de se protéger en demandant toutes sortes de justificatifs.

D’autre part, les néo-banques misent sur l’instantanéité de vos opérations alors que les banques en ligne restent sur des délais plus classiques. Pour les néo-banques, c’est en effet l’immédiateté qui prévaut, que ce soit au niveau du suivi de compte en temps réel ou des virements qui se font via le numéro de mobile du bénéficiaire. Cependant, les banques en ligne ne sont pas totalement en reste puisqu’elles cherchent de plus en plus à instantanéiser, elles aussi, leurs fonctionnalités.    

 

Si elles ont des modèles qui diffèrent, elles ne sont pas pour autant rivales…

Les banques 2.0 sont nées de la Génération Y, elles répondent ainsi à des besoins spécifiques qui diffèrent de ceux auxquels avaient répondu les banques en ligne.

En cela, leur vocation est différente. Effectivement, en arrivant sur le marché français avec une offre complète, les banques en ligne sont aptes à remplacer une banque traditionnelle. D’ailleurs, beaucoup d’entre vous ont déjà sauté le pas en transférant leur compte principal chez une banque en ligne. Or, du côté des néo-banques ce n’est pas le cas. En raison de l’absence de découvert, de l’impossibilité de faire un crédit ou de déposer du liquide, les néo-banques ont pour l’heure vocation non pas à être un compte principal, mais plutôt une solution idéale pour ceux qui recherchent un compte annexe.

En ce sens, les banques en ligne et néo-banques apparaissent plus comme complémentaires que rivales. En effet, il est tout à fait possible de cumuler les deux offres en même temps. Par exemple, si vous voyagez régulièrement, il est pertinent de souscrire pour un second compte chez une néo-banque car les frais à l’étranger sont souvent plus faibles. De même, pour ceux qui ont besoin d’ouvrir un compte professionnel à coûts réduits, opter pour une néo-banque est un bon choix. En revanche, pour le moment, il vous sera plus intéressant d’ouvrir un compte bancaire principal chez une banque en ligne. Qui plus est, les offres de bienvenue des banques en ligne sont souvent plus intéressantes.

 

In fine, les deux concepts sont un excellent reflet du paysage digital dans lequel notre société est ancrée. L’arrivée des néo-banques en France a notamment permis de faire une piqûre de rappel aux banques en ligne : l’innovation ne s’arrête jamais ! Si les deux modèles sont aujourd’hui complémentaires, il n’est pas certain que cela soit encore le cas d’ici quelques années. Les néo-banques essaient en effet d’élargir leur éventail de services afin de rétrécir le gap avec les banques en ligne. Il est donc impossible pour l’heure d’annoncer le grand gagnant du panorama bancaire. Néanmoins, ce dont on peut être sûr est que le secteur de la banque n’en est pas à sa dernière révolution !

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